MUTISMES...
Publié le 25 Septembre 2013
Les mutismes sans nom…
Dénoncer la souffrance et bannir le silence…
Ce n’est pas forcément le choix d’une évidence
Et notre accueil ouvert à tell’ment de non-dits
Qui nous parlent plus fort que le plus fort des cris,
C’est quelquefois trop peu contre l’indifférence
Qui nous boul’verse au fond… au fond de nos consciences !
Quand l’innocence est prise aux pièges’ de la douleur,
Harcelée de violence et touchée en plein cœur,
Le cœur se réfugie, par-delà ses blessures,
Dans un monde où parler n’a rien qui le rassure ;
Le cœur se réfugie dans un monde intérieur…
Ici plein de pudeur et là, dans la terreur…
Il était si petit et penché sur lui-même !
Un enfant malheureux qui noyait ses problèmes
Avec son seul recours : son amour et ses larmes !
Et moi, désemparé, je ressentais son drame…
J’entendais ce soupir qui veut dire : « Ô sans haine…
Écoutez-moi quand même… Écoutez bien ma peine !
Même au-delà des murs que j’ai dressés ici
Pour me mettre à l’abri… pour me défendre aussi ! »…
Murmurer sa souffrance ou cacher l’évidence…
Ce n’est pas forcément le choix d’une apparence…
Alors, j’ai pris sur moi et j’ai tout pris, je pense,
Pour arracher son cœur aux prisons de silence
Où il ne battait plus que pour survivre assez
Aux assauts de malheurs d’un martyre insensé…
Je lui ai pris la main avant qu’il n’y consente…
Et je l’ai revêtu de pensées bienveillantes…
J’ai partagé son sort un instant, très très fort,
Sans témoins, sa confiance… et puis quelques remords !
Il m’a dit : « J’ai compris que vous vouliez mon aide ! »
Et j’ai tout pris sur moi, avant que rien ne cède
De ma belle assurance et d’un regard serein
Que je tournais vers lui pour assagir le sien !
Je me sentais touché jusqu’au milieu de l’âme
Et la gorge serrée, je me savais sans arme…
Alors là, devant lui, je me voyais petit
Et si grand à la fois… paternel et ami !
Il m’a dit : « Ma maman… je voulais lui écrire…
J’ai préféré mentir… Je sais bien que c’est pire !
Oh ! Monsieur, trouvez-la et parlez-lui pour moi
Mais dites’ à mon papa que moi, je n’savais pas… ».
Murmurer sa souffrance ou souffrir à distance…
Ce n’est pas forcément le choix d’une évidence…
« Monsieur, j’ai trop de peine’, ça me fait trop vous dire
Tout ce que je dis là un peu… trop… ça m’déchire ! »…
J’accueillais sans m’y faire un flot de confessions,
Sachant bien qu’il m’ouvrait le seuil de sa maison !
Mais je restais sans voix sous ce regard fragile
Dont l’accès jusque-là me fut si difficile !
Et l’enfant me parlait du fond de son chagrin
Quand, pour l’accompagner, moi je ne disais rien !
J’étais venu chez lui par une’ porte secrète
Qu’il m’avait indiquée de façon si discrète…
Où, seul, un grand silence avait pu s’engouffrer,
Qui m’aura fait un pont pour mieux l’y retrouver…
Et je le contemplais avec toute’ ma tendresse
Pendant qu’il évoquait tout ce mal qui nous blesse
Et qui m’aura blessé, en toute intimité,
Dans la complicité d’un moment partagé…
Dévoiler son malheur ou cacher sa malchance,
Ce n’est pas forcément le choix d’une évidence
Et notre écoute offerte à tell’ment de non-dits
Nous parle bien plus fort que le plus fort des cris !
Murmurer sa souffrance ou la prendre en patience…
Ce n’est pas forcément choisir une évidence !
Je l’ai rejoint plus loin, juste au fond d’un sourire
Et l’ai vu soulagé d’avoir osé me dire
Sa douleur à loisir, à moi qui, sans juger,
Cherchais à l’écouter comme à pouvoir l’aider !
Je lui avais permis, sans trop de résistance,
De poser tous ses maux sur un fond d’indulgence
Que je gardais pour lui, pour mieux le rencontrer
Au cœur de sa détresse… ou sa fragilité…
Et je restais sans voix face à son innocence
Qui rejoignait en moi tell’ment de bienveillance !
Il me manquait pourtant de savoir quel cadeau
Emporterait son cœur sans le perdre aussitôt…
Je l’ai revu parfois, j’ai pris de ses nouvelles :
Il m’avait rappelé et demeurait fidèle
A mon souhait réel de le suivre plus loin
Qu’en cet instant de peine où je tenais sa main…
Si j’ai perdu sa trace un jour, sans rien comprendre,
Reviendra-t-il plus tard, bientôt, pour me surprendre
Et puis, me dira-t-il que tout s’est arrangé ?
Il n’y’a pas plus ingrat qu’un bonheur retrouvé !
Préserver la confiance ou garder ses distances ?
Ce n’est pas forcément très simple, à l’évidence…
Si j’ai perdu sa trace, il m’a fallu apprendre
Que les cris de révolte ont besoin d’un cœur tendre
Afin de s’y poser pour mieux s’y dévoiler
Et trouver un abri où pouvoir s’apaiser…
Je lui avais permis, avec mon assistance,
De dérouler des mots sur un fond de silence…
Alors il s’est senti brusquement délivré
De ces nœuds dans sa vie qui l’avaient tant bridé…
Il était si petit et penché sur lui-même :
« Un enfant malheureux qui fuyait ses problèmes
Avec, pour seul secours, son amour et ses larmes ! »…
Et moi, désemparé, je ressentais ce drame…
Ce n’est jamais qu’un choix contre l’indifférence
Qui nous boul’verse au fond… au fond de nos consciences
Quand l’innocence est prise aux pièges’ de la douleur,
Harcelée de violence et touchée en plein cœur…
Et mon souhait pour lui, c’est ma prière aussi :
Qu’il découvre à son tour ce qu’il m’a bien appris :
La leçon que la vie nous donne et multiplie
Dans l’esprit des petits ou des grands puis nous dit
Qu’entre mer de silence et mur d’indifférence,
Un pont reste à franchir contre toute apparence…
Entre silence amer et mûre indifférence,
Un pont reste à franchir et c’est une évidence !
Il était si petit… penché sur sa souffrance :
« Un enfant malheureux qui, dans son innocence,
Appelait au secours avec un flot de larmes… » !
Et moi… si désarmé, je ressentais son drame…
Et moi… si désarmé, cela broyait mon âme !
Autre blog : http://jean-pierre-aimer.blogspot.fr/
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