MÉMOIRE D’ÉCOLE

Publié le 13 Mai 2011

MÉMOIRE D’ÉCOLE

Le Bonheur de Mélanie…

 

Mélanie, quand l’aube’ se lève

Il y’a tant de bonheur dans son regard

Il y’a plein de soleil dans son miroir

Et dans son sourire’, des bouquets de rêves.

 

La vie l’émerveille

Et Mélanie s’éveille,

Qui voit le monde avec amour

Dans la clarté d’un nouveau jour :

 

Le cœur plein d’ivresse,

De sa chambre elle embrasse un coin de ciel

Alors Mélanie boit un peu de miel

Et fait à ses poupées quelques promesses…

 

Du square à l’école,

Elle’ n’a pas un nuage au fond des yeux

Et le vent se mélange à ses cheveux ;

En suivant des oiseaux, son âme’ s’envole…

 

La vie recommence…

Et Mélanie s’élance

Sur les trottoirs vers l’avenue ;

Elle est déjà loin de sa rue !

 

Mais elle a confiance :

Sûre’ment, oui ! ses lutins sont endormis ;

Elle a revu son maître et ses amis

Et derrière’ les fenêtres’, ‘y’a ses vacances !

 

Tout près du collège

Elle’ voit tell’ment plus loin que l’horizon :

Elle a déjà l’idée de sa maison :

Éblouie de lumière ou dans la neige…

 

Et si quelque doute

L’envahit sur sa route

Elle’ se redit : « J’ai pas fini

De marcher vers mon paradis… ».

 

Car dans ses bagages

Il y’a plus de questions que de leçons ;

Elle oublie ses jouets et ses chansons

En portant l’univers sur son visage :

 

C’est une enfant sage

Qui remplit de bonheur tous ses cahiers

Pour connaître à son tour le monde entier

Sur le grand tableau des vagabondages ;

 

Qui vit sa jeunesse

Sans peur et sans tristesse,

Semblable aux bonnes’ fées d’autrefois

Semant des trésors et des joies.

 

Son âme est légère

Et lorsqu’elle’ voyage, oh ! il fait si beau !

Elle apprend l’océan et les ruisseaux

Et des pays lointains et des chimères.

 

Alors elle existe !

Et le temps n’a plus cours dans les clairières

Qu’on pourrait deviner dans ses yeux verts

A travers les chagrins qui lui résistent.

 

Cette’ petite’ princesse

Au fond de sa tendresse

Fait resplendir un arc-en-ciel

Dont la lumière est éternelle…

 

Puis la cloche’ résonne !

Elle’ prend tous ses refrains et ses dessins

Enivrés de secrets sur son chemin

Que ne connaîtra jamais plus personne.

 

Mais elle est heureuse ;

Elle emporte avec elle’ les quelques mots

Qu’elle avait découverts comme un cadeau

Pour les garder chez elle, en amoureuse.

 

Cette’ Bergère’ d’étoiles,

Dès que le soir se voile,

C’est elle’ qui mêle’ des souvenirs

A ses souhaits et ses désirs.

 

Et c’est là que le jour s’achève,

Que Mélanie rejoint ses rêves

Sous les joyaux du firmament

Aussi clairs que son cœur d’enfant !

 

Aussi clairs que son cœur d’enfant !

 

 

Mélanie sait déjà tout ça

Quand l’aube’ l’ensoleille’… sous son toit.

 

MÉMOIRE D’ÉCOLE

La révolte des mots…

 

Un jour ce que l’on sait nous revient par hasard,

Par des mots agitant l’air du temps… tôt ou tard !

Comme un devoir surgi du fond d’un vieux cartable,

Ces mots-là font du vent pour effleurer du sable 

Au fond du sablier des années désinvoltes…

Ces mots-là se révoltent !

 

C’est la sève’ des leçons, une’ potion d’écolier

Que nous distillent’ les jours sans jamais se presser !

Des matins de prémices’ aux soirs de bénéfices,

Ils nous sont destinés, ils nous restent complices

Comme un bas d’laine intime’ qui nous fait la cagnotte

Des mots qu’on y apporte…

 

C’est un flot de lumière, eurêka ! En tout cas,

Dès l’aurore on comprend ce qu’on savait déjà :

Ces mots qu’on assemblait depuis la prime enfance

Et qui ont su braver tant de bruit en silence,

Ce sont des compagnons fidèles’… et leurs liens qu’on emporte

Au bout de nos révoltes !

 

C’est la méthode apprise et le « savoir classer » :

Autant de manuels ou de pages’ à caser ;

Cours d’histoire : on découvre et l’époque et les Hommes

A travers un discours, une image et leur somme…

Ce sont des mots qu’on laisse enfermés dans des notes

Avant qu’ils se révoltent…

 

Cours de géographie : la vie commence ici ?

Cours de Français aussi : pour tous les mots qu’on dit !

Ah mais ! qui fait le fier aux pieds de Pythagore ?

Où va la science intruse ou qui s’infuse encore ?

On répondait en grades’, en grammages’ ou en volts…

Aux questions qui survoltent !

 

On oubliera des mots et l’idée qu’on se fait

Du mal que demandait « le résultat parfait » !

On nous a bien appris qu’on est des mammifères ?

C’est qu’on a le sang chaud ! Que peut-on bien y faire,

A part se rappeler, oui ! si ça nous importe,

Les choix que ça comporte ?

 

On s’est construit ainsi, sur les bancs, sous les mots

Que cultivaient hier, à portée d’un tableau,

Des esprits plus âgés, sûrs de leurs connaissances

Et quelquefois soucieux du sort de notre enfance

Ou bien d’une exigence à semer de la sorte

Des mots qui nous escortent…

 

C’est ça, notre richesse :  un trésor sans pareil !

Un sésame apprend- moi pour sortir du sommeil !

Et l’éveil à ce monde, à la terre, aux mystères

Où la soif de savoir a fini de se taire

Dans le sillon des mots que l’alphabet supporte

Et les chants qu’on récolte…

 

Ce n’est pas difficile ! On se fixe à ce fil :

Le fil de la mémoire aux souvenirs subtils ;

On se fie à ces mots qui forment les cultures

Et qu’on laboure au cœur de sa propre nature ;

Des mots qui sont en nous, un peu comme une’ place’ forte

Au cœur de nos révoltes…

 

Qui suivra le courant atteindra l’« océan » ?

Qui traverse un hiver atteindra le printemps !

Ça dépend du message et parfois du voyage,

D’un paysage hier et demain, de nos âges

Quand on reste attaché à ce qu’on en rapporte :

Des mots qui nous transportent !

 

Un jour, on sait des mots qu’on reprend au hasard

Sous le vent bien souvent… aussitôt ou plus tard,

Comme un savoir surgi du fond d’un vieux cartable…

Ces mots-là semblaient loin mais soudain, dans le sable,

Sortis du sablier des années désinvoltes,

Ces mots-là se révoltent !

 

On n’est pas des « manchots » ! Peu m’en chaut ! Il fait froid

Sur la glace en surface et tant mieux si l’on croit

Qu’il faut creuser sur terre un magma de pensées

Pour voir jaillir un jour, des amours embrasées,

Comme un astre improbable où soudaine’ment vire’voltent

Les mots et la révolte !

MÉMOIRE D’ÉCOLE

Monsieur Marchal,

Mon Maître…

 

Ce jour-là, il faisait très beau…

Nous montions vers le Pays-Haut :

Vers le berceau de mon enfance

Et la maison de ma naissance…

 

J’avais mon fils à mes côtés,

J’aurais voulu tout lui montrer :

La terre’ choyée par son grand-père

Et sa grand-mère’… dans la lumière !

 

Les belles’ allées qu’on traversait

Dans le parc où on s’amusait !

La tonnelle et la balançoire,

Nos jeudis, nos moments de gloire…

 

Je voulais… ouvrir les rideaux

De mes réveils ou mon repos :

Le décor d’un garçon qui rêve,

Avant qu’un écolier se lève…

 

Sur le sentier, en plein soleil,

Je ressentais comme un appel

Venu du fond de mon jeune âge :

Un devoir… pour les enfants sages !

 

La mémoire  au fond des miroirs,

J’ai eu peur d’arriver trop tard,

D’avoir mal lacé mes chaussures…

Ou d’avoir « perdu » ma coiffure !

 

Et puis on a forcé le pas ;

Après la côte, elle était là

Dans une indicible clairière :

Notre école, et votre chaumière…

 

J’étais certain de vous revoir,

A la lueur d’un double espoir :

Vous présenter ma descendance

Et rattraper tout mon silence…

 

Je lui avais parlé de vous,

Il appréciait déjà beaucoup

Votre pudeur et votre force ;

Votre tendresse’ dessous l’écorce ;

 

Votre passion, dans la rigueur,

Et la raison… avec le cœur…

Il captait, jusque dans ma source,

Votre image autour de ma course…

 

Par cet été je l’emmenais

Sur les chemins que j’empruntais

(Sauf à l’occasion des vacances !)

Vers un portail et des potences…

 

Le soleil éclairait si bien

Les murs et le tableau ancien,

Sans écriture et sans rature

Mais comme’ privé de signature…

 

Votre place était à l’endroit,

Face à la nôtre en contrebas,

Et votre bureau, sur l’estrade,

Devant tous nos pupitres’ en rade…

 

Là j’avais l’âge’ de mon enfant 

Et l’esprit aussi jeune’ qu’avant !

Mon passé refaisait surface :

Je vivais ma rentrée des classes !

 

C’étaient des cris dans les deux cours

Et leur écho sur du velours…

Des jeux de marelle ou de billes

Pour les garçons et pour les filles,

 

Le sifflet de fin de récré

Sous le préau, en rangs serrés…

Les blouses’ en prise aux bousculades

Et l’escalier en enfilade…

 

Puis ma sœur qui lâchait ma main…

Les livres neufs et leur parfum…

Nos cahiers sortis du cartable…

Et l’encrier au coin des tables…

 

Votre classe était là, sans vous

Et vous me manquiez tout à coup

Par cette’ journée pleine’ de  vacances,

Du plus profond de mon enfance…

 

Je n’imaginais plus du tout

A quel point vous comptiez pour nous :

Votre exemple et votre patience !

La maîtrise… avec la conscience !

 

Et surtout votre humanité

Qu’un enfant ne peut oublier

Sans jamais n’être qu’un élève

De l’adulte en lui qui se lève !

 

Je revenais pour vous revoir

Juste avant la tombée du soir…

En renonçant au téléphone

Où je ne joignais plus personne…

 

On avait échangé pourtant,

Pour Noël ou pour Nouvel an,

Des mots lourds de reconnaissance,

De douceurs et de confidences…

 

J’ai essayé, un peu plus tard,

De vous parler et de vous voir !

Et ce sont des gens du village

Qui m’ont appris votre voyage…

 

Vous étiez sorti, côté cour…

Quittant la classe et… pour toujours…

En nous laissant des matins calmes

Comme une’ lucarne au creux de l’âme

 

Et le bonheur d’avoir été

Quelques cœurs tendres’ à cultiver,

Bien à leur place et sans brimade

Sous vos regards et sous l’estrade…

 

Oh ! vous me manque’rez tout à coup

Aussitôt qu’en pensant à vous,

A côté de mon fils, peut-être,

Je vous ferai un peu renaître…

 

Vous serez parti… sans retour

Pour un dernier tour au long cours…

En emportant dans vos bagages

Tous nos visages’ et tous nos âges !

 

Nous resterons désemparés,

Sans vraiment pouvoir vous parler !

Pourtant dans chaque épreuve’, sans trêve,

Nous sommes’ à jamais vos élèves :

 

Si votre absence ou ce chagrin

Ont fait de nous vos orphelins,

Nous sommes’ bien héritiers dans l’être

De notre école… et notre maître !

 

Nos chemins nous ont éloignés

Mais nous restons ces écoliers…

Imprégnés pour la vie entière

De vos égards… et vos lumières !

 

Un jour peut-être on s’assiéra

Auprès de vous, comme autrefois…

Ici ou là…

Si ça vous va !

 

 

Aussi… dites’-nous ce qui vous change

 

… D’être un maître… au milieu des anges !!!?

 

 

Autre blog : http://jean-pierre-aimer.blogspot.fr/ 

MÉMOIRE D’ÉCOLE

Rédigé par JeanPierreB

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G
Son âme était grande et belle!Elle donnait sans retenue:de sa personne,de son temps,de son amour.Elle nous consolait,nous relevait quand nos genoux saignaient.Elle distribuait sans compter des<br /> sourires,des compliments,des encouragements,afin que grandissent dans le bonheur tous ces enfants qu'elle aimait tant!A ma maîtresse du CP et du CE1.<br /> Voici ce qu'éveille en moi votre poème "M. Marchal,mon maître".<br /> <br /> Lisbeth
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G
Le bonheur de Mélanie:le temps de l'insouciance,du bonheur sans nuages,de la confiance,des rêves,de la gaieté,de la légèreté de la vie est bien celui de l'enfance.Heureux celui qui a eu une enfance<br /> heureuse!Sa vie d'adulte en sera plus douce et légère... J'aime la description que vous en faites...car c'est moi que je revois,des idées douces plein la tête...<br /> <br /> Lisbeth
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J
Je suis touchée par cette évocation d'enfance : les tableaux, les encriers, les odeurs d'école...<br /> et la candeur de l'enfant, pour qui le maître comptait alors beaucoup, comme enseignant, mais aussi comme exemple humain.<br /> Je crois que cela parle à beaucoup d'entre nous ; il y a la couleur et le charme de ce qui est à jamais révolu, mais aussi d'une époque unique de fraîcheur, où tout est à venir...<br /> JB
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