... MATERNITÉ

Publié le 8 Janvier 2011

... MATERNITÉ

Ève et la terre…

 

Elle a gardé, des nuits entières,

D’immenses « trésors de lumière » ;

De la chaleur malgré l’hiver

Et de l’eau vive en plein désert…

 

C’est le jardin de nos naissances

Ou bien la fleur douce’ de l’enfance

Où la vie commence et surgit

Comme un soleil du fond d’un puits…

 

Elle a gardé, des millénaires,

Malgré sa peine et ses galères,

Tant d’existence’ là dans son corps,

Comme un combat contre nos morts…

 

Son univers est de tendresses

Et de douceurs et de caresses

Au creux de son cœur de maman

Près des petits ô qu’elle aime’ tant !

 

Le ventre d’Ève est comme une’ terre

Qui l’a fait naître, et la fait mère…

Un temple de félicité…

Et le berceau qui a porté

L’humanité…

 

Et le berceau qui a porté

L’humanité !

 

Elle a le sens de ses victoires    

Sur les revers de son histoire…

Le désespoir de ses tourments

Et du courage ! Infiniment…

 

Car son exemple d’âge en âge

Délivre à jamais le message

Qu’on peut survivre à ses douleurs

Pour enfanter des jours meilleurs…

 

Mais ce « bourgeon » qui la dérange,

Parfois, veut-elle en « faire un ange » ?

Et si c’était ça le danger :

De ne rien pouvoir y changer ?

 

Est-ce un désastre volontaire

Ou d’infortune ou de colère…

Est-ce un souhait de liberté

Qui lui prend sa maternité

 

Ou le goût d’un présent tranquille

Au milieu d’un plaisir stérile ?

Comment se passer de bonheur

Pour que du confort soit vainqueur ?

 

Comment « se priver d’être mère »

Pourrait donc’ vaincre sa misère ?

Et si ce n’était pas un choix,

Donner la mort est-il un droit ?

 

Mais qui peut nourrir ses envies

Et que fait-elle, Ève’, pour la vie,

D’un trésor de féminité

Et de son désir d’exister ?

 

Le ventre d’Ève est comme une’ terre

Où l’on pourrait voir des cime’tières

Dont les tombeaux ne sont pourtant

Jamais plus grands… si tristement…

Qu’un lit d’enfant… 

 

Dont les tombeaux ne sont pourtant

Jamais plus grands !

 

Et s’il lui manque’ parfois la force

De se durcir comme une écorce

Autour d’un petit cœur battant

Pour le tenir toujours vivant,

 

Est-ce’ notre monde et ses carnages

Qui vient à bout de son courage

Ou son amour est-il trop doux

Pour tout accepter, après tout ?

 

Par quel massacre des consciences

Ou bien quels crimes’ de circonstance

Faut-il que le fruit de sa chair

Soit projeté dans nos enfers…?

 

Pourtant cette’ vie qu’elle’ veut comprendre,

A-t-elle envie de la reprendre

A des chérubins innocents

Qui ne seront jamais qu’absents ?

 

« Quand sous les bombes’ ou sur les mines

Tombent des milliers de victimes, 

Des mamans prient sur leurs genoux

Pour que leurs petits soient debout ! »

 

Le don de vie n’est pas à rendre

Pour s’en défaire ou s’en défendre !

Oui mais qui pourrait le sauver ?

Jusqu’où ne pas désespérer ?!!

 

Et que peut-on faire aujourd’hui

Afin qu’on le protège aussi ?

Que fait-on de l’humanité

Et de sa peine à exister ?

 

Le ventre d’Ève est comme une’ terre,

Malgré les tourments et la guerre…

Et les « trésors » qu’elle a gardés,

Un jour, pourraient la consoler… 

D’avoir tremblé…

 

Un jour, pourraient la consoler… 

D’avoir tremblé !

 

Mais qui peut saisir la détresse

D’Ève’ qu’on condamne ou d’Ève’ qu’on blesse : 

Parce qu’elle’ perd un continent

En se privant de son enfant !!?

 

Car cette entaille’ dans ses entrailles,

C’est un gouffre ouvert sur nos failles !

C’est quand son cœur est bien trop seul…

C’est trop d’espoir… pour un linceul ! 

 

Tour à tour servante ou bien reine,

Sous la passion et sous la haine,

Dans quel enfer voit-elle un ciel ?

La nuit ne crée pas le soleil !

 

Qui peut l’aider à être mère

Au cœur d’une’ solitude amère ?

Quelle autre main touche’ra sa main ?

Laquelle apaise’ra son chagrin ?

 

Et si c’était ça, la misère ?

Changer la terre en un cime’tière

Au risque de tout effacer !

Et si c’était ça le danger ?

 

Alors qui parle d’innocence ?

Que fait-on d’Ève et notre enfance ?

De tant de jardins, tant de fleurs…

Mais de déserts… mais de malheurs ?

 

Que fait-on juste de la vie,

Pour ce qui en nourrit l’envie ?

Des trésors de maternité

Et de leur besoin d’exister ?

 

La force d’Ève est notre chance

Pour d’autres naissances’ aujourd’hui !

Pour que le monde entier avance…

Et pour des milliards de petits

 

Et chaque instant est un printemps,

Héritier d’un même avenir

Comme’ l’est chaque enfant maintenant

Qui est venu ou à venir…

 

Comme’ l’est chaque enfant, maintenant…

Qui est venu… ou va venir…

 

 

Oui ! La grâce’ d’Ève est un bonheur

Pour tous ceux qui, du fond du cœur,

Auront aimé, sans fin ni trêve,

 

Les beaux jours où naît puis se lève…

 

L’humanité !

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Le « p’tit bout d’chou » (1998)

 

Quand tu as pris le fer comme un éclair d’orage,

La lumière a jailli ! Dans tes yeux j’ai compris

Que dans ton ventre aussi commençait le « ménage » :

« ‘Fallait nous préparer à quitter notre abri »…

 

C’est là qu’on a scruté les chiffres de l’horloge

Avec un air fébrile et qui en disait long

Au sujet d’un trésor bien calé dans sa loge

Mais qui voulait « s’faire’ voir » ailleurs qu’à la maison.

 

Alors, en un clin d’œil aussi court que complice,

On s’est trouvé assis : moi derrière un volant,

Et toi, presque couchée avec, sous ta pelisse,

Les bras serrés autour d’un précieux chargement…

 

J’évitais la vitesse en roulant sans secousse…

Crispée à mes côtés, tu voulais abréger

Ton angoisse ou la route en pressant sur la mousse

Du plancher à tes pieds, sans pourtant rien changer !

 

… J’évitais les nids d’poule en pensant que, bien vite,

Un tout p’tit oisillon allait sortir du sien !

Oh ! pas pour en sortir ni pour prendre la fuite !

Juste pour découvrir ton visage et le mien !

 

Puis on a « dégusté » le charme des cliniques

Sous les lambris « pistache » et les néons trop blancs

Alors que s’approchait le moment fatidique

Dans la salle affectée à toute’ future’ maman…

 

Tu respirais plus fort et là, comme’ par saccades !

Moi je t’accompagnais, c’était plus fort que moi !

Tu vivais tous les spasmes’, héroïque ou hagarde,

Exprimant ta pression en m’écrasant les doigts !

 

Tu menais le combat, je te trouvais splendide,

Ma « biche effarouchée aux flancs tout palpitants » ;

Tu semblais être ailleurs en cette’ nuit-là, livide,

Au fond de ce décor un peu glauque et troublant.

 

Le docteur, c’est classique, avait pris des vacances

Et délégué sa tâche à son « brave associé » :

Un « barbu » réputé qui avait ta confiance…

Du moins sur le papier, car rien n’est vérifié…

 

Lorsqu’il s’est écrié : « poussez plus fort, ma grande ! »,

Pendant que la sage’-femme, agile assurément,

Enjambait ton bassin pour faire à sa demande

Le « travail avec toi », j’ai su qu’il était temps !

 

C’est en prenant le « fer » avec un rien de rage,

Qu’il m’avait convaincu : dans ses yeux j’ai compris

L’urgence’ qu’il pouvait voir à finir le « ménage »

Pour que notre « bout d’chou » se retrouve à l’abri…

 

Dans l’instant qui suivait, irréel et magique,

Ce « p’tit bout d’chou » tout vert montrait le bout d’son nez…

On l’a mis sur ton ventre et, c’était fantastique,

Nous pleurions avec lui comme’ deux vrais nouveau-nés !

 

Plus tard, à l’occasion, arriva la famille

En plein cours d’une’ tétée ou peut-être un « dodo »

Et les quelques « lauriers » et les quelques « bande’rilles »,

Nous les avons reçus parmi quelques cadeaux…

 

Mais depuis ce matin de folie et de grâce,

Un bonhomme « assez blond » suit son petit chemin

A la fois comme un ange et un typhon qui passe

Avec son lot de joies… et d’ennuis quotidiens…

 

Et, quand tu prends le fer pour faire’ « ton » repassage,

Un « éclair » dans tes yeux me rappelle aujourd’hui

Que « tout a commencé » juste à l’heure’ du ménage…

Où un « tout p’tit bout d’chou » a conquis notre abri…

 

 

Où un « tout p’tit bout d’chou »… a conquis notre abri !

 

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Pour une vie…

 

Il aurait le sourire aussi clair qu’un matin

Ou bien qu’un grand soleil, à l’horizon lointain ;

Le visage aussi doux que dans nos plus beaux rêves

Avant qu’on se réveille et que la nuit s’achève…

 

Son destin continue de ne pas avancer

Puisqu’il reste comme’ mort mais qu’il n’est jamais né !

Il aurait pu grandir comme un fruit de tendresse

Et partager nos jours, sa jeunesse’, nos vieillesses…

 

Car attendre un bonheur, c’est ouvrir un jardin

Au printemps de son cœur et c’est un lendemain

Qu’on lui prépare’ déjà pour fêter sa venue :

Un domaine à connaître, une étoile inconnue !

 

Il aurait le sourire aussi clair qu’un matin !

 

Moi j’étais là pour vous… et j’étais là pour toi !

Tu avais tout le choix de le garder… ou pas !

Mais tu as préféré ne jamais l’accueillir

Et priver de présence un présent d’avenir

Comme amputer nos vies de sa simple existence

Et ne jamais savoir ce qu’a promis sa chance…

 

J’étais juste complice ou coupable à mon tour

De n’avoir pas trouvé le détour d’un recours

Ni même assez d’amour pour éviter le drame

Entre tes peurs de mère et tes projets de femme…  

 

Rien ne peut s’oublier qui ne soit arrivé ;

Il n’est pas arrivé ! je n’ai rien oublié

Et ce que j’en retiens tient au creux de mon âme

En bouffées de chagrin comme en paquets de larmes…

 

Je n’ai rien à te dire et j’ai juste à crier,

Du puits de mon silence, un mal que j’ai gardé       

Du temps qui est passé et jamais ne s’efface

Puisque rien ne pourra en occuper la place !

 

C’était avant ce jour comme un portrait léger

D’un enfant magnifique au cœur émerveillé

Qui portait ses regards vers ses parents, sur terre…

Ce n’est plus aujourd’hui qu’un douloureux mystère !

 

Et si rien n’est à faire, il nous reste à penser

Que rien ne peut finir avant de commencer ;

Que son cœur aussi pur qu’un matin qui se lève

N’abandonne’ra jamais le berceau de nos rêves…

 

Moi j’y pense’rai sans cesse au milieu des jardins

Ou près des cours d’école envahies de bambins !

J’écoute’rai dix-mille’ voix et j’entendrai la sienne

Qui me murmure’ tout bas, jusqu’au fond de ma peine,

 

Qui murmure un amour qui n’a pas vu le jour

Et qui compte, oh ! pourtant, et qui pèse aussi lourd

Que nous pèse un remords ou que toute espérance

Dont on n’a pas voulu assumer la naissance…

 

Tu avais tout le choix de le garder ou pas !

Mais tu as décidé de faire’ ce choix sans moi

Et tu as préféré ne jamais découvrir

Un trésor à venir, au risque d’en souffrir ;

Te priver d’un espoir pour contrôler ta chance…

Ou choisir ton confort plutôt que la confiance…

 

Car dans notre maison une’ fille ou un garçon

Laisse une’ chambre trop vide et rien qu’une occasion

De l’avoir habitée au cœur de son enfance

Avant d’y déposer le poids de son absence…          

 

Tu sais bien tout cela : tu le vis quelque part

Ici en défaillance ou bien là, par hasard !

Auras-tu le regret d’un prénom parmi d’autres

Qui devait précéder le nom qui fut le nôtre ?

 

Ce bonheur à présent n’est plus qu’un souvenir :

Le reflet d’un désir qu’on aurait pu nourrir

Mais qu’on a vu mourir sans le voir jamais naître

Dans un rayon du jour… entre nos murs, peut-être !

 

C’est comme une’ vie en creux, un chemin non tracé ;

Rien ne peut arriver qui ne se soit passé ;

J’imagine’ bien, pourtant, son visage et son âge

Et je fais avec lui ma partie du voyage…

 

Bien sûr son frère est là et bien sûr, nous l’aimons !

Mais il lui manque encore, au bout de ses questions !

C’est ce que nous voyons en sentant sa tristesse

Comme un appel venu d’un coin de sa jeunesse…

 

Désirés et comblés, ils seraient deux enfants

Partageant des jouets… des années… leurs parents

Et c’est entre leurs pas qu’on poursuivrait la route !

D’y penser, quelquefois, ne me laisse aucun doute !

 

Je porte au fond de moi, creusée comme un chemin,

Cette illusion de lui comme au creux de mes mains

Je pourrai conserver une impression des siennes

Et cette absence’ de vie dont ma mémoire est pleine…

 

Tu avais tout le choix de le garder ou pas !

Et tu savais surtout pouvoir compter sur moi…

Mais tu as préféré ne jamais l’accueillir,

Ce cadeau du présent, ce présent d’avenir,

Comme amputer nos vies de sa simple existence

Et ne jamais savoir que serait notre chance…

 

Car en être privé c’est murer son jardin

En plein cœur du bonheur et c’est un lendemain

Qu’on aura condamné même avant sa naissance :

C’est un domaine’ d’amour interdit de présence !

 

Son destin continue à ne pas commencer…

Puisqu’il sera parti sans jamais arriver !

Il aurait pu grandir comme un fruit de jeunesse 

Et partager nos jours à travers nos tendresses…

 

Il nous laisse un sourire aussi clair qu’un matin ;

Le soleil immortel d’un horizon lointain ;

Un visage aussi doux que dans nos plus beaux rêves,

Juste avant qu’on s’éveille ou que la nuit s’achève.

 

Un berceau resté vide est un tombeau sans fleurs !

Et le fruit de ton ventre est vivant dans nos cœurs !

 

 

Il avait un sourire aussi clair qu’un matin

Dans nos plus beaux désirs d’avenir. C’est certain !

                                                                                                                          

Mais tu as préféré ne pas le découvrir !

 

Auras-tu espéré ne jamais en souffrir ?

 

 

Autre blog : http://jean-pierre-aimer.blogspot.fr/ 

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Rédigé par JeanPierreB

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I
le texte "pour une vie" est très poignant... On devrait le faire lire à toutes les femmes qui se font avorter, ou qui ne désire pas de grossesse... Une petite préférence pour Eve et la Terre qui est un hymne à la création. Le clin d'oeil sur le Ptit bout de chou fait sourire... Beaucoup se reconnaitront !
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G
Rien ne peut remplacer l'amour d'une mère.Sa tendresse au fond de nos détresses,les nuits passées à nous veiller,ses soins constants pour qu'une fois grands nous ayons en réserve assez d'amour pour<br /> affronter les dures vicissitudes de la vie,son regard bienveillant qui nous construit:ah!une vraie maman!Heureux l'homme qui a pu grandir dans son amour!
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J
attendre un enfant...:<br /> Oui, c'est vraiment une belle aventure que de porter un petit être au creux de soi, de le sentir évoluer et bouger si doucement, de vivre ce corps à corps tendre et merveilleux, de voir son propre<br /> corps comme "transfiguré", et rendu noble par la vie que l'on porte.<br /> C'est, je crois une forme d'accomplissement et de plénitude. C'est, pour moi sans conteste - même si le chemin n'est pas que facile - un des plus beaux moments, inoubliables, d'une vie de<br /> femme...<br /> J.
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