DIVORCE

Publié le 9 Janvier 2011

DIVORCE

L’enfance déchirée

 

Qui peut entendre d’un petit

Qu’il souffre parfois en silence

De tout ce qu’on décide’ pour lui

Sans mesurer sa peine immense ?

 

Bien sûr je vis dans deux maisons

Depuis que je vis deux absences

Et que je laisse à l’horizon

L’autre partie de mon enfance…

 

Oooh ! je n’aime’rai pas à moitié

Mon père ici et là, ma mère,

Mais deux bonheurs trop séparés

Ne font jamais une joie entière…

 

Et puisqu’en déchirant mon cœur

On a brisé mon insouciance,

Je sais qu’entre hier et ailleurs

J’ai perdu trop de jours de chance :

 

Je n’ai plus d’autres souvenirs

De toute’ ma famille’ rassemblée

Pour les fêtes’ ou pour le plaisir

Que ceux de mes premières’ années…

 

Où est la porte d’autrefois,

Pour repartir un jour peut-être ?

Je cherche et puis je ne trouve’ pas…

Je n’ai pas demandé à naître !

 

Il me manque’ra de vivre aussi

Ces moments qu’on ne vit qu’ensemble !

Je vois, mais sans l’avoir compris,

S’éloigner ceux qui me ressemblent…

 

C’est rassurant pour un parent

De se libérer d’un problème

Qu’il n’aurait pas voulu, pourtant,

Pour l’enfant qu’il était lui-même…

 

Qui peut admettre d’un petit

Que son chagrin peut être énorme…

Et que c’est bien trop dur pour lui,

Ce choix de femme… ou ce choix d’homme…

 

Bien sûr j’ai changé d’horizon

Et de janvier jusqu’à décembre,

J’ai deux adresses’ et deux maisons !

Et des jouets dans mes deux chambres…

 

Mais qu’ont imaginé ces gens

Qui font d’un divorce un remède,

En oubliant l’acharnement

Du tourment pour lequel ils plaident ?

 

J’aurais voulu être plus fort,

Comme un champion pour la famille !

Pour la protéger de sa mort

Et nous faire un chemin tranquille !

 

J’ai besoin d’être consolé,

D’être vraiment certain qu’on m’aime

Autant qu’avant et puis, qu’après,

Bah ! on m’aime’ra toujours quand même !

 

Mais j’ai laissé tell’ment de cœur

Dans les remous de la tempête

Qui a balayé par malheur

L’idéal que j’avais en tête :

 

Deux parents,

Un seul toit ;

Mille instants

Pour nous trois…

 

Deux parents,

Un seul toit ;

Mille instants

Pour nous trois !!!

 

Je suis fragile au fond de moi

Et ma blessure est si profonde !

Je sais qu’on n’imagine’ même’ pas

Que là mainte’nant, j’ai peur du monde !

 

Il me faudra bien « vivre avec » ;

Ou que je surmonte’ cette épreuve !

Et si je n’ai pas les yeux secs

Parfois, c’est que des larmes pleuvent…

 

Oui ! j’en passe’rai du temps aussi

Entre « deux séjours », sur les routes,

Et je n’aurai jamais fini

D’autant de souffrances’ que ça coûte !

 

Je ris pourtant, c’est bien normal !

J’oublie, je chante et je m’amuse

Aussi vrai et fort que j’ai mal

Pour le présent qu’on me refuse !

 

Qui peut supporter d’un petit

La douleur qu’il porte en silence

Et le destin que malgré lui

On inflige à son innocence ?

 

Bien sûr je souffrirai longtemps

De cette infinie déchirure

Qui a blessé mon cœur d’enfant

Des deux côtés de « sa » rupture…

 

Je n’en veux pas au monde entier,

Non ! mais j’en veux à cette’ justice

Qui ne m’a jamais épargné

L’injustice et le sacrifice…

 

Quel adulte avait-il le droit

De m’attendre un jour sur la terre

Pour m’imposer bien malgré moi

Ses choix au prix de ma misère ?

 

Mais qui a décidé aussi

Qu’il n’y avait rien d’autre à faire

Et que, si c’était mieux pour lui,

Moi je n’avais plus qu’à me taire ?

 

Je suis resté trop peu de temps

Entouré de mes chers parents

Pour exister, pour vraiment vivre,

Et ce regret va me poursuivre…

 

Mais comment me réconcilier

Avec ma vie et mon enfance ?

Et comment les réconcilier,

Comme au temps d’avant ma naissance ?

 

Pourquoi mon cœur est déchiré

Sans harmonie et sans partage ?

Entre leurs chemins séparés,

Je suis la victime et l’otage…

 

Qui voudra comprendre aujourd’hui

Le sens de ces mots que je lance

A tous ceux qui n’ont pas fini

De me pousser vers le silence ?

 

Car comme’ moi des milliers d’enfants

N’auront pas eu de « double chance » :

Désunis, que font-ils ces gens ?

Et quel bonheur suit l’espérance ?

 

Pardonnez-moi, j’avais confiance!

Pardonnez-moi cette innocence…

Ce qui divise là mes parents

A brisé mon cœur pour longtemps !

 

Ce qui divise’ là mes parents

A brisé mon cœur… pour longtemps

Et ma famille est une « absence »…

Qui a déchiré mon enfance !

 

J’aurai passé tout ce malheur

Dans les remous de la tempête

Qui a balayé de douleurs

L’idéal que j’avais en tête :

 

Deux parents,

Un seul toit ;

Mille instants…

Pour nous trois…

 

Deux parents,

Un seul toit ;

Mille instants

Pour nous trois !!!

  

A suivre : « L’important, c’est l’amour »…

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L’important, c’est l’amour…

 

 

Tu es venu un jour éclairer le foyer

Que ta maman et moi, nous t’avions destiné…

Ton petit cœur tout neuf battait en harmonie

Avec nos cœurs aussi… Si douce était la vie !

… … …

Puis vint ton premier pas et ton premier baiser :

Tu savais nous séduire et nous voulions t’aimer !

Vue « par toi », vue d’ici, la vie était jolie !

Le rêve était immense et la joie, infinie !

 

Dans la maison tranquille explosèrent’ tous tes cris

Et puis les premiers mots que tu aies jamais dits…

De ta chambre au landau, tu pouvais tout apprendre :

Tu découvrais le monde’… Tu cherchais à comprendre !

 

Tu étais né d’amour, nous te voulions si fort !

Et plus que de raison, nous t’aimions… Est-ce un tort ?

Mais pour quelle’ décision trop cruelle ou trop vide,

Un matin est venu, si triste et si livide ?!

 

Parmi tous ses jouets et parmi ses plaisirs,

On ne sait pas pourtant qu’un enfant peut grandir

Sans jamais découvrir les voies de la confiance

Lorsqu’on a ignoré la voix de son enfance !

 

Maman te manque ici et je te manque ailleurs…

Le bonheur a volé en éclats de douleurs !

De la chambre au salon, tu veux toujours comprendre

Ce que, bien malgré toi, les jours ont dû t’apprendre !

… … …

Et tu pleures’ très souvent… oh ! même’ sans le montrer !

Tu as perdu la clé de la sérénité

Car ton sommeil est trouble ou ton angoisse est lourde !

Et tes rêves’ sont muets au creux de la nuit sourde !

 

Chaque’ matin qui s’efface ajoute à nos chagrins

Le poids de « son absence » et moi je n’y peux rien :

Je te regarde vivre et je ressens ta peine !

Et je sais que ton cœur prie pour qu’« elle’ revienne » !

 

Mais tu souris encore’ ! Tu t’amuses’ et tu vis !

Tu éclates de joie et tu fuis ton ennui !

Je suis là, je t’écoute et j’entends la souffrance

Que tu remplis de bruit, que tu gardes’ en silence…

 

Je suis là, tends la main ! On va rire de rien !

Elle est « loin » mais, tu vois, « elle est sur ton chemin » !

Viens tomber dans mes bras, là où nos cœurs se frôlent !

Le chagrin, c’est la vie ! et pleurer n’est pas drôle !…

 

 

               Mais, n’oublie pas, un jour,

               L’important, c’est l’amour !

 

 

Il y’a plein de portraits et des photos d’hier

Dans nos albums ouverts et tu dis rester fier

De sa longue’ robe’ « de neige » et sa jolie coiffure…

D’un « reflet » à son doigt… de notre « belle allure » !

 

Ces parents que tu vois, souriants sur le mur

Dans leur « cadre doré », tu les voudrais bien sûr

A portée de ta chambre, ailleurs que dans tes rêves,

Bien réels près de toi comme un jour qui se lève !

 

Tu combats ce passé qui t’a brisé le cœur

Et volé le meilleur de tes jours de bonheur 

Quand tu ne savais pas que parfois tout s’arrête

Et que l’ombre est plus sombre où s’éteignent les fêtes !

 

Qui peut fermer vraiment la porte à double tour

Sur les lueurs d’espoir de nos tous premiers jours ?

Avant qu’il soit demain, vienne’ ! revienne’ la lumière 

Pour éclairer ton cœur durant ta vie entière !

 

Il y’a d’autres enfants qui ont d’autres parents…

Oui mais d’autres tourments ! ou d’autres sentiments !

Et qui pourrait t’aimer aussi fort que l’on t’aime ?

Nos amours séparés se sont rejoints quand même !

 

Tu es comme un cadeau, un trésor sans pareil !

Comme au bout de la nuit on attend le soleil,

Nous t’avons attendu et nous t’aimons ensemble

Et, malgré les rancœurs, ton amour nous rassemble !

 

Notre histoire a changé depuis ce matin gris :

Il pleuvait sur les toits et je pleurais aussi

Sans le montrer pourtant mais je cachais ma peine !

Et je vivais ce drame en détestant la haine !

 

Notre histoire est ailleurs… L’avenir est ici !

Et le présent qui reste à bâtir aujourd’hui,

C’est pour toi, c’est pour moi, c’est pour nous qu’il existe 

Comme un havre de paix dans un océan triste !

 

Mais viens tout contre moi, viens au creux de mes bras !

Encore un peu, encore ! un instant, ça ira !

Tu verras mon enfant, tu as ta place immense

Au revers de nos pleurs comme un sourire intense !

 

Alors, viens ! Prends ma main ! On va vivre ! On est bien !

Mets le poids de ta peine au creux de mon chagrin !

Viens pleurer contre moi ! Que nos cœurs se délivrent !

Il est précieux d’aimer ! Il est précieux de vivre !!!

 

               Et n’oublie pas, un jour…

               Tous les jours… et toujours :

               L’important…

 

                                   C’est l’amour !!!

       

 

DIVORCE

Pleurer…

 

Pleurer…

Sous un rayon de lune…

Pleurer… au cœur du ciel…

Au creux du désert…

Voir retomber ses larmes…

En torrents de pluie…

Pleurer, le cœur serré…

Gorge nouée…

Exploser de tristesse…

Aux berges du matin…

Pleurer sur son passé…

Ou pleurer sur demain…

Blessé d’amour, tomber…

Jusqu’au cœur des neiges…

Et, cerné par les glaces…

Au bout du long cortège

S’effondrer sur sa vie…

Pleurer sur… plus rien…

Alors, mourir, aussi…

D’une’ bouffée de chagrin…

 

Mais rire !

Rire en plein soleil !

Rire à gorge pleine !

Au milieu des abeilles !

Des saveurs de miel !

Rire à perdre haleine !

Courir !

Sur un lit de rosée !

Et sauter sur les dunes !

Rire !

Sans raideur !

Sans tiédeur !

Sans pudeurs !

En parfums, en couleurs !

Déposer le fardeau !

Et voler sur ses rêves !

Pour sourire au bonheur !

A la vie, aujourd’hui !

Rire encore’… Rire !

Rire, à en mourir !

Et mourir de rire !

Pour survivre aux chagrins !

Pour survivre !

Et puis… Vivre !

 

VIVRE !

 

 

Autre blog : http://jean-pierre-aimer.blogspot.fr/ 

DIVORCE

Rédigé par JeanPierreB

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G
Lui voler l'insouciance de son enfance, briser son petit coeur où ne demandent à se graver que du bonheur,de la douceur,de l'amour inconditionnel,est une odieuse et abjecte machination.Un<br /> divorce,certes,parce que c'est la seule solution pour sauver le peu qui reste ... Mais prendre un enfant en otage,c'est vraiment lâche.Il n'a pas demandé à venir.Il a profondément besoin d'être<br /> aimé,aimé,aimé toujours et encore,aimé d'un amour sans fin.<br /> <br /> Lisbeth
Répondre
G
<br /> Votre poème "l'Enfance Déchirée" est très touchant, toucher à un enfant est toujours inacceptable, alors, bien souvent, l'on reste avec son conjoint, pour le salut des enfants, même si l'on a<br /> conscience que l'on gâche sa vie...<br /> <br /> <br />
Répondre
J
<br /> <br /> Merci!<br /> <br /> <br /> Peut-être qu'en rejoignant l'enfant dans son coeur, on se redonne une chance de revivre...<br /> <br /> <br /> Autrement que sans lui!<br /> <br /> <br /> <br />