TEMPUS FUGIT, HORA VOLANT...

Publié le 22 Avril 2015

TEMPUS FUGIT, HORA VOLANT...

Tempus fugit, hora volant…

 

 

C’était il y’a longtemps…

 

J’ai huit ans… le monde est devant moi et le futur, sûr’ment par-là !

Derrière, il y’a mes premiers pas entre mes chers parents, là-bas,

A portée de leurs bras…

Parfois je pense à ces enfants qui m’appelle’ront « Papa » !

Bonjour printemps ! fleurs de jardin !

Bonjour promesses’, rosée du ciel, fruits du matin !

Au r’voir la nuit !

Bonjour ma vie !

Je dois sortir de mon sommeil et puis, pour pas être en retard, prendre un dernier bol d’air !

Lâcher la main d’ma mère’ et, au bout du couloir, prendre celle’ de mon père !

Je suis là, au milieu, tout près d’eux

Et je fais de mon mieux pour eux !

-Dépêche’ toi mon garçon ! Tu sais bien ta leçon ? Et ta liste de mots ?

-Oui, tout ! Par cœur et pour de bon ! (J’crois bien que j’en fais un peu trop vu que, ma foi, c’est un peu faux !)

- À la bonne heure !

Comme’ dirait un dicton : « De bonne heure et de bonne’ douleur ! »,

Me lance’ mon père

En pleine’ lumière…

-Oh là, douce’ment ! Je terminais mon rêve !

(C’est comme’ le jour ! Il faut qu’on s’lève’ ! Pouce’ mouillé ! moi je demande une’ trêve !

‘Faut que j’retrouve’ mes horizons et mes jalons, en quittant la maison !)

Démarrage’… Dérapage…

J’suis sorti du cirage et l’auto, du garage !

-Papa, tu m’as fait peur ! Attention aux virages !

-Te voilà arrivé le premier de ta classe !

Il ajoute un clin d’œil : -Tâche’ de garder ta place !

Accroche’-toi, mon fiston ! On sera des cadors

Au travail, toi et moi ! Pense à nous deux très fort !

Mais moi, je n’pense’ qu’à ça :

Qu’un jour ce sera moi qui dirai ces mots-là !

Ça m’fait tout drôle’, parfois !

‘Y’aurait le frère’… la sœur… C’est bien mieux pour les jeux !

Un cadet au milieu, comme’ moi, entre les deux !

 

Que sont devenus tous mes rêves ?

Et qui sait ce que j’en ai fait ?

Sait-on toujours qui on était

Avant que le parcours s’achève ?

TEMPUS FUGIT, HORA VOLANT...

Légers baisers dessous la table…

Ses cheveux étaient « couleur sable »,

Mon âme’ sœur de la première heure !

Elle était jolie comme un cœur !

Moi je n’avais d’yeux que pour elle et puis les siens semblaient si bleus !

J’avais l’humeur en aquarelle’ ! Nous nous entendions à merveille : aussi heureux, aussi radieux

Qu’au début d’un jour éternel

Avant qu’un soir ma Pimprenelle’ s’en aille où vont les hirondelles,

Laissant mon âme à son frimas,

Qui n’comprenait rien à tout ça ! 

Je n’y voyais que ses prunelles’ pleines’ d’étincelles…

Mais où s’en vont les demoiselles ?

« Tu es mon prince’ ! », me disait-elle…

Je n’avais rien connu de tel !

A l’école, on se rejoignait

Mais pour s’éloigner tout à fait !

La cour des filles’ pour la récré se trouvait là juste à côté

D’une amitié… si dépassée :

On redevenait deux élèves

Qui ne tentaient plus rien ensemble’ sauf, parfois, un doigt qui se lève !

Et c’est sans l’avoir bien voulu

Que j’ai su qu’on s’était perdus !

Pourtant j’ai tracé son visage à l’encre bleue sur mes cahiers

Que je gommais de page en page’ sans parvenir à l’effacer !

Il m’aura fallu des années pour renoncer à la chercher

Sans avoir su la retrouver !

J’aurai appris mais bien plus tard
Qu’elle était deve’nue peintre d’Art…
Est-ce’ qu’elle a gardé la mémoire
De la couleur de nos regards :
« Comme un reflet dans ses tableaux
De notre alliance’ perdue trop tôt… » ?
C’était juste un amour de gosses !
Mais des tonnes’ de chagrin précoce !

 

Que deviennent’ un jour tous les rêves ?

Et qui sait ce qu’il en a fait ?

Sait-on toujours qui on était,

Avant que le parcours s’achève ?

TEMPUS FUGIT, HORA VOLANT...

Le passé s’alourdit… L’avenir se rapproche…

J’ai douze ans ou quatorze’ ! Pas les yeux dans les poches !

Pour le dernier déménage’ment, j’ai pris au moins dix ans

De souvenirs en vrac : vie d’avant… et copains d’antan…

Un ami de perdu ! Combien de retrouvés ? 

Je vais devoir compter sûr’ment longtemps !

Longtemps sans eux ! Sans ceux que j’ai laissés !

Combien vont me manquer ? Combien j’en suis blessé ?

On n’sait pas pourtant ce qui manque aux enfants

Quand on oublie leurs sentiments, simplement parce’ qu’on est plus grand :

Quand on oublie qui on était Vraiment !

J’ai vu tomber la neige

En cortège’, sur mes « années-collège » 

Et puis ma jeunesse a grandi !

Je n’serai jamais vieux ! C’est juré ! C’est promis !

Entre un cœur en vacances’ et en état d’urgence,

Où est passée mon insouciance ?

On part demain : on traverse la France et puis l’Espagne et l’Italie

Et l’Alle’magne’ de maman : le sourire’ de mamie… Une’ folie ! 

Premier flirt en t-shirt sur quelques plages’ secrètes !

Tourner la page et faire’ la fête !

Qui pouvait dire’ que tout s’arrête ?

« Tu viens Cathy ? On pique une’ tête ?

Ces souvenirs ne sont qu’à nous !

C’est vrai, j’en suis un peu jaloux ! Quel était ce vilain marlou

Qui gambadait sur tes gambettes ?

Non, ne dis rien ! Oui ! ça m’inquiète ! »…

 

Que sont devenus tous ces rêves ?

Et qui sait ce qu’ils promettaient ?

Sait-on toujours qui on était,

Avant que le parcours s’achève ?

TEMPUS FUGIT, HORA VOLANT...

Douze ans d’un mariage insoluble…

Et pourtant pas indissoluble !

Puisque, soudain, quand tout se corse, il reste un chemin de divorce

Et des années pour digérer les faiblesses’ qui dévorent’ nos forces…

Pour mon fils j’avais rêvé mieux

Que ce partage’ trop douloureux :

-C’est vrai papa que maman m’aime ?

-Mais oui chéri, bien sûr qu’elle’ t’aime !

-Alors pourquoi moi j’n’ai pas l’droit d’avoir mes parents près de moi ?

Si vous m’avez fait, c’est pourquoi ? Pour la famille’ que je n’ai pas ?

-Mon garçon, n’aie pas le cœur lourd !

On ne t’entoure’ plus tous les deux mais on t’entoure’ de tant d’amour !

Je l’aimais tell’ment, mon bout d’chou ! Mais c’est à son tour aujourd’hui

De grandir dans sa propre vie mieux que nous n’l’avons réussi !

Nos parents le voulaient pour nous ! Qu’avaient-ils prévu, après tout ?

On n’prévoit rien ! Oh ! rien du tout ! et parfois nos rêves sont trop doux

Ou notre enthousiasme est trop fou pour toucher nos réalités

Avant de nous abandonner, comme un ami  peut nous quitter

En promettant des retrouvailles’ qu’on reste seul à espérer :

« On nva jamais se séparer… On va seul’ment tout réparer !

Je suis heureuse’ que tu existes’ et si parfois je me sens triste,

Notre union si belle y résiste’ car notre Amour est sans limite ! ».

Son départ sur un « au-revoir » aura pris la forme’ d’un adieu…

Nous étions jeunes’ et lumineux puis soudain tout eut l’air pluvieux !

J’ai cherché partout son sourire et bien sûr j’en ai connu d’autres

Mais « la revoir » me fait souffrir ! Où est l’erreur ? A qui la faute ?

 

Que sont devenus tous nos rêves ?

Et qui sait ce qu’on souhaitait ?

Sait-on toujours qui on était…

Avant que le parcours s’achève ?

TEMPUS FUGIT, HORA VOLANT...

Demain : j’ai quatre-vingt-huit ans !

Il y’a déjà tell’ment grand temps que nos parents sont réunis

Au verso de la nuit,

Pour nous aimer de bien plus loin : d’au-delà des étoiles !

A travers la distance infinie de l’absence, on n’se s’ra pas vraiment lâchés et, souvent, je leur parle…

Quel monde encore est devant moi ? Et le futur ? Sûr’ment pas là !

Hier, j’ai fait mes derniers pas auprès de nos enfants chéris… et je me suis senti fragile’ comme’ quand c’était la première’ fois que je m’appliquais à marcher ! Oui ! comme’ là-bas ! Comme autrefois,

A portée d’autres bras…

Parfois je pense à leurs petits… Ça me surprend encore

Qu’ils les appellent’ : « Papa ! Maman ! », comme eux l’ont fait pour nous d’abord…

Ça nous murmure un avenir

Qui deviendra « leurs souvenirs » !

Quel monde’ va-t-on pouvoir laisser

Aux prochains « futurs nouveau-nés » ?

Splendeur du jour ? Lueurs du soir ?

Adieu mes anges’… et au revoir !

Adieu Printemps… Fleurs du matin… Terre’ de lumière !

Bonjour ivresse’, rosée du ciel ! Dernière’ prière !

 

Que deviennent’ un jour tant de rêves ?

Et surtout, qu’en aura-t-on fait ?

Sait-on toujours qui on était…

Avant que le parcours s’achève ?

 

Je vois des larmes’ à vos paupières !

Ma vie défile en un éclair,

Un peu comme un film à l’envers

Mais je n’peux pas faire’ marche arrière !

 

J’n’étais qu’un humain sur la terre,

Plein de regrets mais plein d’espoirs

Et mon histoire est un miroir !

Je suis juste passé derrière !

 

Autre blog : http://jean-pierre-aimer.blogspot.fr/ 

TEMPUS FUGIT, HORA VOLANT...

Rédigé par JeanPierreB

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